Notre pratique se base sur une suite d'exercices destinés à faire prendre conscience à chacun des acteurs quelle place il occupe dans l'espace, dans le temps, par rapport aux autres.

                         

Marches (collectives, individuelles, sur différents rythmes, les yeux fermés...), jeux de notre enfance (chat, 123 piano...), échauffements dans lesquels nous prenons contact avec l'air qui nous environne, les sons que nous produisons, à l'extérieur, à l'intérieur, nos os, notre chair, notre peau, des exercices dynamiques dans lequels une certaine énergie collective se dégage, des exercices à deux, ou plus, dans lesquels nous expérimentons à la fois le laisser faire et l'action sur l'autre... Autant de moyens d'arriver à ce que nous pouvons nommer qualité de présence.

                             

On s'aperçoit ainsi peu à peu que la scène est un espace à part entière, dans lequel nous pouvons agir et nous laisser agir, dans une grande liberté.

                            

Peu à peu, en gardant la mémoire corporelle de ces exercices, nous entrons aussi dans le monde de la justice, par le biais de sensations primaires et de questions fondamentales à explorer.

   

Qu'est-ce qu'être innocent ? Comment le faire admettre à un public, le plus simplement possible ? Que se passe-t-il si l'on remplace le terme d'innocence par le terme de coupable ? Que se passe-t-il physiquement si un groupe me désigne comme coupable ? Comment j'agis alors ? Qu'est-ce que l'aveuglement judiciaire ? 

De ces expérimentations primaires, jaillit alors la possibilité de mettre en place des scènes individuelles, collectives autour de ces questions.


                                  

Crédits photos : Lieven Soete