Comme il a déjà été raconté sur ce blog, les ateliers que nous menons toutes les semaines comprennent plusieurs phases : échauffements corporels et vocaux, exercices collectifs, improvisations, et parfois, de plus en plus, un moment de retour sur les différentes propositions.
               
Le jour où les photos ont été prises par exemple, l'échauffement consistait à dynamiser os, chair et peau (par des massages, des mouvements de rotation... tout en respirant !), à les solliciter pour pouvoir en user sans se blesser. L'échauffement consistait aussi à ce que chacun prenne contact avec les autres, par le toucher, la voix, prenne contact avec l'espace, le temps, afin de percevoir que nous pouvons agir, seul ou collectivement, sur l'environnement qui nous entoure et nous constitue.
       

                                      

                    

Nous tentons en tout cas de solliciter au moins brièvement tout cela chez nos participants.

Une fois cet échauffement terminé, nous avons demandé ce jour-là aux participants de travailler seuls, contre un mur et d'éprouver la gravité non pas vers le bas mais vers dans un espace horizontal. Reposant contre le mur, nous leur avons demandé de travailler sur ce geste : repousser. Il s'agissait de solliciter la sensation de la chute et de proposer une lutte pour se détacher de la tentation de rester immobile.

    

            

                

Puis nous avons engagé un travail à deux, toujours autour de cette idée de repoussé. Face à face, les participants devaient soit avancer soit empêcher l'autre d'avancer. Pour cela, ce dernier devait s'appuyer avec les mains sur les hanches du premier.

Puis les participants ont poursuivi leur travail à deux en reprenant les deux propositions précédentes. Cette fois, la consigne était de repousser l'autre, qui irrémédiablement vient et revient, attiré mystérieusement. Il s'agissait ainsi de proposer une forme de lutte. Une certaine fatigue devait en jaillir.

        

                    

             

Comme vous pouvez le remarquer, c'est une façon physique d'aborder le jeu théâtral, privilégiant au préalable l'action et la confrontation.

Pour nous, cela permet notamment de créer du lien entre nos participants.     

C'est en outre à partir de ce vocabulaire d'actions inventées sur scène que nous allons élaborer un scénario scénique.

       

                             

                           

      

Précisément, ce jour-là, nous avons travaillé sur une action : corrompre, c'est-à-dire, physiquement parlant, faire rompre l'autre, qui tente de résister.        

Ainsi nos propositions physiques prennent-elles peu à peu sens.

Parallèlement, nous lisons des textes d'auteurs ou des textes écrits par les participants.

        

           

      

Les textes sont lus par ceux qui les écrivent dans un premier temps, puis par d'autres, afin qu'ils deviennent la propriété de tous.

De cette manière, nous renforçons par la mise en mots les liens créés par la confrontation physique.

       

                                   

          

Ainsi, une narration scénique s'élabore peu à peu et nous définissons nous-mêmes notre langage.

         

                                   

            

Ces ateliers vont déboucher dans un premier temps sur une lecture, que nous présenterons à la fin du mois de juin.

Cette lecture sera une trace du processus que nous suivons collectivement pour arriver à une création originale.

Pour cela, nous avons entamé une série d'ateliers, privilégiant un travail plus précis sur la lecture d'un texte et sur les spécificités de la lecture théâtralisée d'un texte.

Sans rentrer dans les détails, disons simplement que nous essayons ainsi de trouver quel mouvement le texte propose à l'acteur.

Ces moments de travail se déroulent dans nos locaux.

Ils permettent de prolonger le travail élaboré collectivement.

La lecture que nous organisons prochainement sera le résultat de tous ces ateliers.

Nous publierons les informations concernant cette lecture très prochainement.

       

Partenaire : Centre Culturel Bruegel

Photos : Lieven Soete